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Afterwork Energie

By 2 avril 2013 No Comments

La Wallonie va plus loin que ce que demande l’Europe ou la Belgique. Ce volontarisme exacerbé n’est pas que positif.

Ce mercredi 27 mars, vous étiez nombreux au siège du MR pour assister à l’afterwork du Centre Jean Gol : « Photovoltaïque, éolien, sortie du nucléaire, risque de blackout : Où va-t-on ? ». Un débat énergique qui a eu le mérite d’éclairer les participants sur la situation actuelle en Belgique.

Cette conférence-débat modérée par Corentin de Salle s’est appuyée sur la participation de David Clarinval, (député fédéral et bourgmestre de Bièvre mais aussi membre de la commission parlementaire Energie & Climat) ; Jean-Pierre Schaeken, (ingénieur, administrateur de Unit Invest NV, ancien Vice-Président exécutif et membre du comité de direction de Suez-Tractebel EGI) ; Luc Rivet, (président de l’ASBL Vent de Raison), Noémie Laumont, (secrétaire générale d’Edora) et Christophe Degrez, (CEO de Eneco Supply (renouvelable et gaz)).

Jean-Pierre Schaeken a ouvert le débat. Il a rappelé les objectifs fixés par l’Union européenne que la Belgique s’est engagée à respecter, en étant parfois « plus catholique que le pape ».

« L’UE doit réduire de 80% les GES (gaz à effet de serre) par rapport aux années 90. Dès l’origine, on a constaté des conséquences perverses : notamment l’augmentation constante des prix de l’énergie. D’autre part, la consommation de combustibles fossiles ne fait qu’augmenter, même en Europe. Suite à la Conférence pour le Climat du Qatar, le Protocole de Kyoto est prolongé jusqu’en 2019. Il n’a été signé que par quelques pays industrialisés (l’UE, la Suisse, la Norvège et l’Australie) et aucun pays en développement. Malheureusement, ces pays signataires (une trentaine) ne participent à ces émissions qu’à hauteur maximale de 15%. »

Au niveau européen pourtant, la machine est en marche : « Pour la 1ère fois, dans le budget récemment approuvé, la décarbonnisation est inscrite de manière claire et officielle. L’Europe a également fixé le renouvelable à 13% du total de consommation électrique ».

Une ardeur d’avance

« La Wallonie va plus loin que ce que demande l’Europe ou la Belgique. Elle a accepté de réduire ses émissions à hauteur de 30% en 2020. Le renouvelable passe également à 20% », précise l’ingénieur.

Néanmoins, ce volontarisme exacerbé n’est pas que positif.

« Pour soutenir le renouvelable des certificats et des subventions sont distribués. Mais si ce système est trop important ou trop long, il a un effet trop néfaste sur l’ensemble du système électrique parce qu’il ne suscite pas l’invention. On n’investit plus dans la R&D. Certains sont plus préoccupés par le rendement que par l’écologie ou la sécurité du transport », explique Jean-Pierre Schaeken.

Il rappelle également les trois points que doit, selon lui, « absolument assurer la politique énergétique : la sécurité d’approvisionnement (soit la diversification des types d’énergie, des sources et des routes de fournitures), le maintien de la compétitivité du pays et le développement durable pour répondre au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures  à assurer leurs besoins énergétiques ».

David Clarinval a tenu à préciser la situation actuelle en Belgique. Il explique notamment que les sources principales d’électricité dans notre pays en 2010 sont les suivantes : le nucléaire (50,4%), le gaz naturel (33 %), l’énergie renouvelable (6,8%).

Il estime qu’il faut tout d’abord assurer la sécurité d’approvisionnement et l’équilibre du réseau en agissant sur le Mix énergétique « primaire » pour la production d’électricité. Actuellement, nous sommes devenus structurellement dépendants de l’étranger.

En conclusion, le député fédéral fait remarque que dès 2015 : « Il faudra 400 MW supplémentaires pour compenser la fermeture de Doel 1 et 2 (+ou- 900MW), alors qu’il est impossible de construire de nouvelles centrales au gaz en 2 ans. Il faudra aussi interdire la fermeture des centrales au gaz (+ou- 1000MW) qui doivent être fermées en 2013 et les prolonger jusqu’en 2017 au minimum ». David Clarinval estime donc « qu’il faut donc donner des « subventions » aux centrales au gaz, qui, partout dans le monde, sont rentables ».

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